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LXXIV - RIRE AVEC BUFFY.
 

Cette analyse a été rédigée par Seb (sprioure@noos.fr).

On a bien besoin de rire parfois.

Il me semble que beaucoup de fans furent séduits par la série, avant tout, grâce à son humour.

A mon sens, cet humour a beaucoup évolué au cours des saisons.

L'aspect comique en saison 1 repose principalement sur la parodie. Se retrouvent pastichés pèle-mêle :

L'aspect réjouissant de la parodie est qu'elle ne se prend pas au sérieux. Mais son inconvénient est de nuire à la considération portée à l'histoire et aux personnages. D’autre épisodes montrent dès cette première saison, que Whedon souhaitait apporter une certaine épaisseur à ceux-ci. Dès "Welcome To The Hellmouth - Bienvenue à Sunnydale 1", la mort est très présente dans les dialogues de Buffy. Elle se matérialise par la perte d'un ami d'enfance d'Alex. Les deux derniers épisodes de la saison ; "Invisible Girl - Portée disparue" par son sujet, et bien sûr "Prophecy Girl - Le manuscrit" sont beaucoup plus graves.

Lorsqu'à partir de « Innocence - Innocence 2", les auteurs vont souhaiter apporter une dimension plus dramatique à la série et déclencher un phénomène d'identification plus fort entre le public et les personnages, la parodie va être petit à petit abandonnée en tant que sujet principal pour ne plus intervenir que sporadiquement sous forme de clin d'œil. Le dernier exemple d'épisode purement parodique me semble être "Go Fish - Les hommes poissons", généralement fort peu apprécié des fans, à l'exception peut-être de la scène en contre-plongée sur le décolleté de SMG en fin d'épisode (mais je m'égare !).

Du coup, l'humour le plus présent durant les saisons 2 et 3 est généré directement par les dialogues. Ceux-ci ont l’avantage de participer pleinement au principe d'identification entre les personnages et le public car même si on rit avec le personnage ou à son détriment, on reste au cœur de l'action.

Dans cette forme d'humour, toute distance est abolie entre le spectateur et le personnage. Par contre, entre le personnage et l'action est crée une distance qui joue un double rôle. Prenons l'exemple le plus frappant :

Buffy est très souvent montrée en train de sortir une plaisanterie avant de tuer un vampire ou un démon. C'est même devenu une marque d'identification du personnage, à tel point que lorsque Willow dans "Anne" se retrouve à devoir remplacer une Buffy fugueuse, elle reprend à son compte cette spécificité tout comme le BuffyBot face à Glory dans "The Gift - L'apocalypse".

Cette plaisanterie marque une distance entre le personnage et la violence de la situation. Rapportée aux spectateurs, elle permet de dénaturer cette violence, ou au moins de la rendre inoffensive. Dans la vie quotidienne l'humour sert aussi effectivement à adoucir, à relativiser.

Rapporté au personnage, cet humour joue aussi un rôle de défense pour Buffy. C'est une forme de protection, de socialisation qui, comme me le faisait remarquer Vendha IRL, la distingue des autre tueuses. Privées de cet attribut, elles se feront chacune à leur manière emporter par cette violence qu'elles n'auront pas su tenir à distance.

Par la suite, les auteurs vont petit à petit faire évoluer cette distance. Tout d'abord en accentuant le réalisme de la série, ils vont détruire l’écart entre les personnages et l'action. Cette proximité va parfois laisser l’impression d'une Buffy dépressive. Puis, parallèlement, ils vont établir une distance entre les personnages et le spectateur. C'est le principe de la distanciation chère au théâtre de Brecht .

Cette évolution s'amorce plus ou moins volontairement en saison 4, où le spectateur est souvent amené à rire ou sourire de la relation romanesque, voir naïve, entre Buffy et Riley. Puis ce principe s'institutionnalise dans les saisons 5 et 6, où le pathétisme des situations et des personnages ( Buffy et Spike pour ne citer qu'eux ) nous amène à sourire sans que notre réjouissance soit le moins du monde partagée par les intéressés.

Par ailleurs, l'évolution du traitement du pathos dans les scènes dramatiques suit une courbe parallèle à celle de l'humour. Par la mécanique d’identification, nous étions encouragés à verser notre petite larme en même temps que Buffy et Angel, et Dieu sait qu'ils avaient la larme facile ! ! ! Au contraire, le froid réalisme de "The Body - Orphelines", par exemple, amène à une terrible conscience de l'horreur plus qu'aux effusions. Le plus frappant, tant pour l'évolution de l'humour que du drame, est sans doute cette scène de "Triangle" où l'on découvre Buffy effondrée en larme à propos d'une dispute entre Alex et Anya. Il n'y a ici aucune volonté de montrer le personnage prenant une quelconque distance avec sa situation. Mais le spectateur, lui, se situe bien au-delà de la scène. Il est sensé tout à la fois de prendre conscience de la peine de la tueuse, se raccrochant désespérément à ses dernières illusions d'existence d'un bonheur conjugal, et de rire du tragique de sa situation.

J'ajouterai une dernière forme d'humour apparaissant dans la saison 6.

La saison 6 voit apparaître dans certain épisodes une forme d'autodérision ultime où les auteurs semblent rejoindre dans la distance le spectateur pour converser avec lui de la série. Les personnages restent, eux, plongés dans leur réalité. Mais ils se retrouvent alors simple relais d'un second discours qui leur échappe totalement. Je pense tout particulièrement à « Dead Thing - Esclave des sens », et bien sûr "Normal Again - A la dérive"

En conclusion voici à mon sens mes épisodes les plus drôles :

Et au risque de se faire retourner dans sa tombe un certain vampire des Carpates :

Faites-en autant, sachant qu'il n'y a rien de plus personnel que l'humour !

Pour certains "The Body - Orphelines" est peut être l'épisode le plus drôle !    :-)

D'ailleurs, il est bien connu que l'on peut rire de tout, mais pas forcément avec tout le monde.



Private joke : « Content de vous voir. »

Almak : « Heureux de ton retour… »






 

 

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